Les articles du journal sud ouest n’ont pas manqué pour expliquer l’expulsion des deux artistes (dont moi-même lili-oto) de la rue du faubourg des arts aux Chartrons à Bordeaux. Je rappelle pour ceux qui ne l’ont pas compris, que l’enjeu était une vision ultralibérale de la culture défendue par la société d’HLM en question, une vision culturelle libérale partagée et soutenue par les élus de la mairie de Bordeaux et mon propre voisin conseiller aux arts plastiques pour le Conseil Général de Gironde contre deux artistes et trois associations qui défendaient leur liberté d’expression, d’action et partageaient un autre point de vue sociétal à l’opposé du libéralisme ou ce capitalisme financier qui nous a plongé aujourd’hui dans cette grave crise économique. Y-a-t-il un mépris à Bordeaux et en Gironde pour les artistes notamment les artistes plasticiens (qui relèvent de la pratiques des arts plastiques)? De la part des bordelais et des girondins la réponse est non ! La population adore rencontrer ses artistes, j’en ai été témoin à plusieurs reprises, et la population bordelaise et girondine préfère la rencontre avec les artistes présentant leurs œuvres à des représentants des institutions culturelles CAPC Bordeaux et FRAC Aquitaine présentant les œuvres d’artistes absents, ça m’a été dit des dizaines de fois. D’ailleurs j’ai toujours défendu dans mon parcours artistiques depuis 25 ans que l’artiste et le public étaient indissociables, alors que pendant les années 80 a été mis en place institutionnellement une dissociation de l’œuvre et de l’artiste. A Lyon lorsque nous avions fait les jardins éphémères en 1993, un lieu de vie artistique où les artistes étaient présents le temps d’un été qui avait attiré autour de quarante milles personnes en deux mois et demi, nous en avions fait la preuve ! Est-ce que les élus UMP Bordeaux, Modem bordelais et Parti socialiste bordelais de la mairie de Bordeaux et du Conseil Général de Gironde détestent les artistes ? Pas tous, mais la plupart ! Il y a à Bordeaux un très grâce problème de démocratie, ou la ville repose culturellement sous une chape de plomb, sur des réseaux d’influences ou financiers verrouillés et sectaires, une région qui a un très grave retard sur le partage de ses richesse, un refus de toute forme d’équité sociale et culturelle, une chape de plomb qui fait d’ailleurs qu’une partie du PS bordelais a voté pour l’UMP et Alain Juppé aux élections municipales contre Alain Rousset. Ce même Alain Rousset qui défend par le Frac Aquitaine une institution qui revendique haut et fort son attachement au marché international de l’art contemporain, à cette vision ultralibérale de la culture, au ce marché hautement spéculatif des œuvres d’art comme cette exposition de Jeff Koons au château de Versailles que j’ai parodié avec une guillotine rose. Beaucoup d’économiste de renom défendent l’idée que cette grave crise économique dont l’origine est ces fameux subprimes est avant tout une crise d’ordre culturelle, un problème sociétal, une analyse que je défends aussi depuis fort longtemps… Ceux qui hier et aujourd’hui chassent les artistes et les jettent à la rue sont les mêmes qui ont défendus la dérégulation, le profit pour le profit, la spéculation de marché juteux, et à Bordeaux comme ailleurs, c’est cette droite libérale ump et une partie de la gauche libérale du Parti socialiste qui soutiennent ce néo capitalisme financier qui va plonger des millions de gens dans la misère. Il faut une énorme censure pour qu’à l’évidence ceux qui se sont gravement trompés économiquement évitent de prendre leurs responsabilités et démissionnent de leurs postes d’élus. La démocratie est normalement garante face à un tel échec et ses graves conséquences humaines, par exemple les ouvriers et salariés qui vont perdre leur emploi comme chez Ford, sauf que cette démocratie trompeuse et fallacieuse à la française va jeter à la rue tous ceux qui pointeront du doigt les élus responsables. De plus en plus les élus libéraux de gauche et de droite vont verrouiller les espaces de liberté et d’expression, y compris journalistiques. J’apporte mon soutien total aux artistes expulsés comme à toutes les victimes (salariés, chômeurs, rmistes, petits commerçants, artisans, journalistes ) mais rien ne changera à Bordeaux tant que les institutions culturelles ne changeront pas, tant que les méthodes de gouvernance ne changeront pas, les artistes sans le savoir ont face à eux un consensus politique libéral droite - gauche très uni, trés soudé, un consensus politique qui se réunit dans les antichambres du pouvoir avec des apparences mensongères et avec des moyens institutionnels et financiers qui veulent la peau de tous ceux qui ne se plient pas à leur conception élective, c’est-à-dire à ce concept rétrograde, dangereux et malsain de « monarchie élective ». Les artistes les gênent par ce qu’ils sont eux-mêmes, ce qu’ils représentent, ce qu’ils invoquent dans leur activité, leur création, des électrons libres dans une ville, un département et une région cadenassés. Des électrons libres qui possèdent une autre notion de l’espace temps, qui où tout s’accélèrent pour duper les populations, eux ralentissent le temps, bornent l’espace d’autres dimensions, défont les mécanismes consuméristes, amplifient les résonances des singularités, du sensible… Lili-oto (voir sur mon blog, Jeef Koons parodié ainsi que son exposition pompier au château de Versailles)

voir l’article jeff koons parodié par lili-oto, artiste et fondateur du mouvement artistique de la Nouvelle relativité et de la « bitridimensionalité » en art (rapport 2,5).